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Bienvenue sur le site de la Campagne des femmes congolaises contre la violence sexuelle en République Démocratique du Congo (RDC).
La Campagne des femmes Congolaises contre les violences sexuelles en République Démocratique du Congo (RDC) est une initiative des associations de femmes situées à l’Est de la RDC pour renforcer l’efficacité de la lutte contre les violences sexuelles.
Les dernières nouvelles de mai et juin 2009
- Viols en série à la prison de Goma (25 juin 2009)
- CPI: affaire Lubanga: un témoin parle d'esclavage sexuel dans le camps de Mandro (12 juin 2009)
- CPI: affaire Lubanga: les représentants des victimes demandent la requalification des faits pour prendre en compte les violences sexuelles (3 et 12 juin 2009)
- Évènement au Canada: la Communauté congolaise appelée à se mobiliser contre les violences sexuelles le 11 juin
- Les cas de viols se multiplient au Sud-Kivu: une fillette de 3 ans succombe (4 juin 2009)
- Procès de Maï Maï pour des violences sexuelles commises en Province Orientale (à Lieko Lesole) (25 mai 2009)
- CPI : Affaire Bosco Ntaganda : mobilisation pour son arrestation ( mai 2009)
- Laurent Nkunda : réticence du Rwanda à le livrer à la RDC (mai 2009)
- Kivus : les miliciens rwandais continuent leurs exactions contre la population près de Bukavu et en territoire de Walikale (15 mai 2009)
- Les femmes d’Afrique en guerre contre les violences sexuelles et le VIH/Sida (7 mai 2009)
- CPI : Affaire Katanga Chui – L’avocat de l’accusé conteste la compétence de la CPI. (28 mai 2009)
ÉVENEMENT au Canada (Ottawa): La communauté congolaise invitée à se mobiliser contre les violences sexuelles le 11 juin. Cliquez sur le lien pour en savoir plus.
ALERTE : Nouvelle pétition lancée par la Campagne - SIGNER LA PÉTITION ICI
Viols en série à la prison de Goma
«Vingt prisonnières ont été violées durant la nuit de lundi [22 juin], lors d’une tentative d’évasion d’un groupe de miliciens condamnés à de lourdes peines et détenus dans cette prison », a déclaré à IRIN Oscar Kasangandjo, le procureur général de Goma.
Les prisonniers, anciens membres de milices, ont été condamnés pour « meurtre, viol et autres délits graves », a-t-il précisé, ajoutant que les meneurs de l’émeute étaient détenus dans une prison située dans la huitième Région militaire.
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a condamné l’incident, le décrivant comme « un triste exemple des conditions pénitentiaires et du niveau de violence sexuelle qui frappe la RDC ».
Au moins 90 pour cent des détenus sont emprisonnés pour viol et autres délits graves, d’après M. Kasangandjo.
Le viol des détenus est fréquent en RDC, selon une association de défense des droits humains, l'Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO).
« Les femmes sont souvent violées dans les prisons congolaises », a dit Jean Keba, un responsable d’ASADHO. « Nous avons enregistré le cas d’une femme qui a été violée en prison. De telles choses sont parfois organisées de connivence avec les responsables de la prison. Parfois, les hommes, surtout les nouveaux détenus, sont sodomisés par des bandes de prisonniers ».
Source: IRIN, 25 juin 2009, http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=85016
CPI: affaire Lubanga: un témoin parle d'esclavage sexuel dans le camps de Mandro
Extraits des transcriptions du procès:
PAR Mme LA JUGE ODIO BENITO (interprétation de l’anglais) :
22 Q. Bonjour, Monsieur.
23 Pourriez–vous aider la Cour en lui donnant toute information en votre possession
24 concernant des violences sexuelles commises contre les PMF pendant la période de
25 formation, surtout contre les jeunes filles recrutées ?
2 R. Par crainte d’y être dans le centre pour la première fois, les instructeurs et
3 autres gardes du centre profitaient de cette occasion, violaient les recrues.
4 Q. Merci.
5 Pourriez–vous nous donner des détails sur l’âge potentiel de ces recrues filles et, si
6 possible, le nom des centres où cela s’est passé à votre connaissance ?
7 R. Je voudrais vous rappeler que nous n’avions pas deux centres, donc tout ce
8 qui s’est passé s’est passé dans le centre de Mandro.
9 Alors, concernant les âges, je vous avais bien dit que... Bon, c’est toute la qualité
10 d’âge qui a été abordée, parce qu’il y avait ceux qui revenaient de Mandro ville...
11 village pour venir chercher les filles au centre.
12 Q. Merci, Monsieur, mais je vous demande de nous donner des informations
13 concernant les filles et pas contre les auteurs de ces viols. Les filles qui auraient été
14 violées à Mandro.
15 R. Si j’ai bien compris, cela s’est passé en catimini (Phon.) parce qu’elles étaient
16 presque de même langue. Cela s’est passé entre les gens de même dialecte ; les gens
17 qui se comprenaient bien, parlaient, se comprenaient bien par leur dialecte. Cela s’est
18 passé, mais alors que c’est strictement interdit que ça ne peut pas se passer dans un
19 centre.
20 Q. Merci.
21 À votre connaissance, Monsieur, est–ce qu’ils prenaient habituellement ces jeunes
22 filles comme des domestiques, comme des servantes dans leur résidence privée ?
23 R. Dans le centre, oui. Parce que le commandant centre d’abord en avait quatre.
24 Les autres instructeurs se servaient aussi de ces filles.
25 Q. Quand vous dites « utilisaient ces filles », vous parlez des filles qui
1 travaillaient comme des domestiques dans leur résidence privée ?
2 R. Ils servaient à tout ; pas dans le sens de domestique, mais ils servaient à
3 tout — « elles » plutôt parce que ce sont des filles.
4 Q. Excusez–moi, Monsieur ; qu’est–ce que vous entendez par « elles servaient à
5 tout » ? Qu’est–ce que vous entendez par « tout » ?
6 R. Elle était domestique, elle était madame (Phon.) c’est pour cela que je disais
7 qu’elles servaient de tout.
8 Q. Merci, Monsieur.
9 Une dernière question pour m’éclaircir les idées. Vous nous avez expliqué que ces
10 jeunes recrues étaient envoyées dans les maisons, les résidences privées des
11 instructeurs et des commandants en tant que femmes... comme leurs épouses ; c’est
12 ce que vous êtes en train de dire ? Merci.
13 R. Je n’ai pas dit ça, Madame le juge. J’ai dit que quand eux venaient chercher les
14 filles pour leurs servir de domestiques donc ils combinaient et la cuisine et l’amour.
15 Mme LA JUGE ODIO BENITO (interprétation de l’anglais) : Merci beaucoup,
Monsieur. »
Source: CPI, 12 juin 2009.
CPI: Procès Lubanga: Les représentants des victimes demandent aux juges d'autoriser le procureur à changer les accusations
Le 22 Mai 2009, les représentants légaux des victimes ont déposé une demande conjointe pour une requalification des faits juridiques retenus contre Lubanga en vertu de la Norme 55 du réglement de la Cour, afin d'y inclure l'esclavage sexuel et les traitements inhumains. Le 29 Mai le Procureur a déposé une réponse, mais la Chambre lui a demande d'en reformuler une plus détaillée, le 3 Juin.
Dans sa réponse du 12 juin 2009 (http://www.icc-cpi.int/iccdocs/doc/doc698842.pdf), le Procureur ne s'oppose pas à la requête presentée par les représentants légaux, proposant d'inclure de nouveaux chefs d'accusation à ceux déja retenus contre l'accusé et explique que c'est à la Chambre de prendre une décision quant à la nécessité de requalifier les faits et de déclencher ainsi la procédure consacrée dans la norme 55 du règlement de la Cour. Le Procureur présentera donc ses observations sur le fond, une fois, et si la Chambre décide de déclencher une telle procédure. En effet, le procureur ne semble pas y être opposé à condition
que la chambre ne dépasse pas les faits et les circonstances figurant dans les charges.
Source: REDRESS.
Les cas de viols se multiplient au Sud-Kivu: une fillette de 3 ans succombe
Une augmentation marquée du nombre de cas de viol a été observée dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où les attaques menées par des miliciens hutus rwandais contre les populations civiles se sont intensifiées, selon les autorités civiles et humanitaires.
« Comme d’habitude, les FDLR [Forces démocratiques pour la libération du Rwanda] attaquent la nuit, ils incendient [les habitations] et emmènent les femmes dans la forêt pour les violer », a expliqué à IRIN Venant Rugusha, coordinateur de la société civile.
Des attaques récentes ont été signalées le 1er juin, dans plusieurs villages du territoire de Mwenga, qui ont été incendiés, et un cas de viol a également été rapporté, selon Arthur Katanga, curé catholique de Mwenga.
Les localités de Kilungutwe, à 45 kilomètres de Mwenga, et de Kalama faisaient partie des zones touchées par ces attaques, pouvait-on lire dans une note d’information publiée par l’organisation non-gouvernementale (ONG) Caritas ; toujours selon Caritas, ces attaques sont interprétées par les populations touchées comme un avertissement des rebelles, qui prônent une solution non-militaire pour quitter la RDC.
Les gouvernements rwandais et congolais ont mené cette année une opération militaire conjointe visant à bouter les FDLR hors de la région ; les FDLR, principalement composées de rebelles hutus rwandais, sont les descendantes directes des forces qui ont exécuté le génocide de 1994, au Rwanda.
Les cas signalés
Selon Nestor Yombo, chargé de communication au Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), au moins 463 cas de viol ont été recensés au cours des trois derniers mois, soit plus de la moitié du nombre de cas signalés pour l’ensemble de l’année 2008.
« Une fillette de trois ans a succombé aux blessures infligées par ceux qui l’ont déflorée, sans doute les FDLR », selon M. Yombo. « Selon sa mère, les sœurs ?de la fillette?, âgées de 12, 14 et 17 ans, ont elles aussi toutes été violées au moins une fois par des individus armés ».
L’augmentation des cas de viol coïncide avec le déploiement des soldats congolais dans la province en prévision d’une autre opération contre les FDLR, a-t-il indiqué. La plupart des viols ont été recensés vers le nord du Sud-Kivu.
Au moins 103 cas de viol ont été recensés entre le 1er avril et le 14 mai dans le territoire fortement militarisé de Kalehe, dans le Sud-Kivu, a-t-il expliqué. Les agressions contre les travailleurs humanitaires sont également de plus en plus fréquentes.
« Les FDLR violent chaque jour, mais il y a également des cas de viol isolés, commis par les FARDC [l’armée nationale], que le gouvernement n’a pas pris en charge depuis longtemps », selon M. Rugusha, coordinateur de la société civile.
Au Nord-Kivu, des viols aussi.
« En juin 2008, 2 200 cas de viol ont été recensés au Nord-Kivu. Cette statistique ne représente qu’un petit nombre des victimes de sévices sexuels : celles qui ont la possibilité et la volonté de se manifester ou de demander de l’aide ».
Au Sud-Kivu, entre janvier et septembre 2007, 2 773 cas de viol ont été recensés à l’hôpital de Panzi, à Bukavu, dont 2 447 ont été attribués aux FDLR.
Un groupe de déserteurs des FDLR, associés aux Rasta, une milice congolaise, ont été identifiés comme les principaux auteurs d’un certain schéma de viols et de mutilations génitales, commis à l’encontre des femmes congolaises, et qui selon certains analystes, équivaudrait à une forme de nettoyage ethnique à des fins de domination territoriale.
Source: IRIN, 4 juin 2009, http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=84703
Procès de Maï Maï pour des violences sexuelles commises en Province Orientale (à Lieko Lesole)
Kisangani 25 Mai 2009- Le procès en chambre foraine des Maï Maï accusés de viols et tortures s'est ouvert dimanche 24 mai à Lieke Lesole, en Province Orientale. Lieke Lesole est situé en territoire d’Opala dans le district de la Tshopo (Province Orientale), à 365 km au sud-ouest de Kisangani. Au total, ce sont 34 personnes impliquées dans ce procès de viol massif de plus de 135 femmes et mineurs, en juillet 2007.MONUC a appuyé logistiquement la justice congolaise en héliportant des fonctionnaires judiciaires vers cette partie reculée du pays, située à 365 km de Kisangani.
Pour rappel, entre le 21 juillet et le 3 août 2007, un groupe de miliciens Maï Maï avec à leur tête un certain Basele Lutula - alias colonel Thoms - aurait assiégé Lieke Lesole et treize localités environnantes, et il se serait livré à des pillages, des actes de torture, contraignant les populations à des travaux forcés, tout en commettant systématiquement des viols maison après maison. Au total, ce sont 135 femmes qui ont été victimes de viol dans une opération dénommée «Etakata» qui signifie «nettoyage ou ville propre».
La MONUC, par le biais de sa division des droits de l’homme, a mené des investigations préliminaires aussi bien à Lieke Lesole qu’à Opala, distantes de 98 km de Lieke Lesole, en octobre 2007 puis février 2008.Ces investigations ont confirmé les graves incidents, les viols massifs et collectifs, les actes de torture et de barbarie. Par la suite, entre le 21 et le 26 juillet 2008, la MONUC a appuyé une mission interdisciplinaire de magistrats de l’auditorat militaire de garnison de Kisangani afin de consigner toutes les plaintes des victimes qui se sont constituées parties civiles.
Cette mission était également composée de médecins pour l’examen des victimes et aider le parquet militaire dans la consolidation des éléments de preuves. Ainsi, ce sont 39 victimes de viol dont 11 mineures qui ont déposé plainte et donné procuration aux avocats pour les représenter en justice ; les autres victimes étant - lors de cette mission d’appui judiciaire - toujours gagnées par la peur ont, semble-t-il, attendu que la justice se manifeste avant de pouvoir se dévoiler.
Cet appui de la MONUC au parquet militaire - qui a pu recueillir des preuves necessaires - a conduit l’auditorat militaire de garnison à ouvrir sur ces viols une instruction judiciaire à l’issue de laquelle il a pris la décision de renvoyer l’affaire devant le tribunal militaire de garnison. Ce dernier a, à son tour, enregistré et fixé le dossier. Il convient de souligner que la gravité des faits a conduit le parquet militaire à poursuivre quatre prévenus pour crimes contre l’humanité, viols massifs, actes de torture, travaux forcés, en référence avec les dispositions du chapitre 7 du Statut de Rome.
CPI : Affaire Bosco Ntaganda
Alors qu’il est recherché par la Cour Pénale Internationale pour des crimes qu’il aurait commis en RDC du temps où il était un officier de Lubanga, l’ex-rebelle Bosco Ntaganda bénéficie de la protection de la RDC qui l’a nommé général dans l’armée nationale en janvier 2009. Plusieurs s’insurgent contre une cette attitude du gouvernement congolais et contre celle de la Communauté internationale qui favorise une illusoire pacification de la région au mépris de la lutte contre l’impunité.
1. Amnesty international écrit au Président J. Kabila pour lui demander d’arrêter Bosco Ntaganda
« Dans une lettre ouverte adressée au président Joseph Kabila, Amnesty international demande l’arrestation et le transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) de Bosco Ntaganda, recherché par cette institution judiciaire internationale pour enrôlement d’enfants. Mais, pour le gouvernement, la priorité c’est d’abord la pacification en cours au Nord-Kivu avec le concours de la personne recherchée, rapporte radiookapi.net. »
« Amnesty international demande l'arrestation de Bosco Ntaganda, » Congo PlanetePlanète, 11 Mai 2009; http://congoplanete.com/article.jsp?id=45262097. Source : réseau CPI.
« Joseph Kabila sous pression pour livrer Ntaganda à la CPI," Media Congo, 19 Mai 2009; http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=12632 Source : réseau CCPI
2. Déférer la RDC au Conseil de Sécurité
« L'échec dans l'arrestation de Bosco Ntaganda jusqu'à présent met en évidence le manque du sérieux dans le renforcement de mandats d'arrêt délivrés par la CPI. Si la CPI trouve que le cas de Ntaganda a atteint l'impasse dans la coopération avec l'Etat Congolais, qu'elle défère ce cas au Conseil de Sécurité de l'ONU pour y trouver solution, en accord avec article 87, paragraphe 7 du Traité de Rome. ..."
« Déférer la RD Congo au Conseil de Sécurité de l'ONU si Elle Continue à Défier l'Exécution du Mandat d'Arrêt de la CPI Contre Ntaganda, » Makuba T. SEKOMBO, (Directeur des affaires communautaires de l’ONG Mobilisation pour la Justice et la Paix en RDC) http://www.congotribune.com/index.php?option=com_content&view=article&id=252:deferer-la-rd-congo-au-conseil-de-securite-de-lonu-si-elle-continue-a-defier-lexecution-du-mandat-darret-de-la-cpi-contre-ntaganda Source : réseau CCPI
Kivus : les miliciens rwandais continuent leurs exactions contre la population près de Bukavu et en territoire de Walikale.
Le 13 mai, l’assemblée provinciale a rapporté l’attaque du village de Walowa en territoire de Walikale. Le FDLR est entré dans le village, a ouvert le feu et a tué 62 personnes; ils ont pillé…..violé….selon le député provincial Bwira Shemusimiwa.
Source IRIN, « DRC: Rwandan militia on killing spree ahead of joint operation», 15 mai 2009, http://www.irinnews.org/report.aspx?ReportID=84413
Les femmes d’Afrique en guerre contre les violences sexuelles et le Vih/Sida
"Au Congo, les violences sexuelles sont été d’une telle ampleur que la femme congolaise veut la fin du calvaire. Elle invite ses paires d’autres pays à s’associer à sa lutte contre la « pandémie », selon Françoise Munkunku, chargée de projet de l’ONG Oxfam. A l’en croire, l’hôpital Panzi du Sud-Kivu reçoit environ vingt femmes violées par jour du fait des conflits. Elle a attribué le calvaire dont est l’objet la femme au manque de volonté politique. « Devons-nous continuer à plaider sans mettre à l’écart les auteurs des viols » ? s’est interrogée, tremolo dans la voix, l’intervenante.
Présente aux assises, l’Union congolaise des femmes des médias (Ucofem) a partagé son expérience de sensibilisation et conscientisation organisées sur les violences sexuelles. Sa déléguée à Kampala a fait son exposé sur l’expérience des femmes violées et le vih/sida ainsi que les droits à la santé et à la reproduction. Il s’en est dégagé des constats tel que la plupart des femmes victime des viols souffrent de la stigmatisation dans la société. Sur le plan social, ces femmes subissent les conséquences liées aux coutumes. Et sur le plan conjugal, c’est la répudiation, a expliqué la journaliste RD congolaise. [...]
Mais elle s’est retournée chez ses paires pour déplorer le fait que la plupart d’entre celles qui sont violées, préfèrent se prendre en charge elles-mêmes sans dénoncer les auteurs des actes des violences sexuelles. Ce qui réduit l’ampleur de la lutte, s’est-elle lamentée. [...]
Au cours de leurs échanges, les participants ont brièvement insisté sur la nécessité de la communication, du plaidoyer après collecte des informations, de l’implication de la femme à la table des négociations pour la résolution de conflit. Aussi ont-elles plaidé pour développer des actions de lobbying en vue de résoudre tout conflit lié à la violence contre les droits de la femme, créer de « gender desk » dans les bureaux de police de proximité avec « sentinelles », des agents de police de deux sexes. Dans leur plaidoyer, elles ont plaidé, en outre, pour la multiplication des cliniques mobiles, des tribunaux pour faire appliquer la loi."
Voir l'article: "Les femmes d’Afrique en guerre contre les violences sexuelles et le Vih/Sida" - Saidi Nyota Sylvestre (Envoyée spéciale à Kampala, Ouganda) - 7 mai 2009 http://www.lepharerdc.com/www/index_view.php?storyID=8648&rubriqueID=10 – Source : réseau CCPI
CPI : Affaire Katanga Chui – L’avocat de l’accusé conteste la compétence de la CPI.
Germain Katanga et M. Ngudjolo Chui sont à ce jour les seuls accusés congolais contre lesquels pèsent des accusations de violence sexuelle.
« …Le lundi 1er juin 2009 à 9h30, la Chambre de première instance II de la Cour pénale internationale (CPI) tiendra une audience publique pour examiner une exception d’irrecevabilité soulevée par la Défense de Germain Katanga dans le cadre de l’affaire Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui. Les différentes parties et les participants à l’affaire, mais également une délégation représentant les Autorités judiciaires de la République démocratique du Congo (RDC), conduite par le Ministre de la Justice M. Luzolo, seront présents à l’audience.
La Défense de Germain Katanga soulève l’irrecevabilité de cette affaire en évoquant la méconnaissance du principe de complémentarité. Les conseils de l’accusé soutiennent dans les faits qu’il existe des poursuites engagées contre ce dernier, en partie pour les mêmes faits, devant les juridictions de la RDC. Le principe de complémentarité impose à la Cour de n’enquêter et, éventuellement, de ne poursuivre et juger des personnes que si l’État concerné se trouve dans l’incapacité de le faire ou n’a pas l’intention d’agir en ce sens.
C’est la première fois que la CPI aura l’occasion d’examiner une telle exception d’irrecevabilité. Soulevée le 10 février 2009, cette exception a été rendue publique le 11 mars dernier dans une version expurgée. Les autres parties et les participants ont pu présenter des observations écrites sur cette exception.
Audience publique le 1er juin pour examiner l’exception d’irrecevabilité soulevée par la Défense de Germain Katanga », Avis aux medias de la CPI, ICC-CPI-20090528-MA40, 28 mai 2009, http://www.icc-cpi.int/NR/exeres/6330CCF6-1A4A-4133-8044-6753FDA54F70.htm, source : réseau CPI.
Canada: Mobilisation de la Communauté congolaise contre les violences sexuelles
La Communauté congolaise du Congo à Ottawa au Canada appelle à la mobilisation contre la violence sexuelle :
Mme Mobina Jaffer, Sénatrice au parlement canadien, organise le 11 juin 2009 une journée consacrée au Congo, particulièrement aux violences sexuelles faites aux femmes et aux jeunes filles congolaises à l’Est de la RDC. L’évènement se déroulera sur la colline parlementaire d’Ottawa.
La Communauté congolaise du Congo à Ottawa au Canada appelle à la mobilisation et à la solidarité.
Pour de raison de sécurité et de vous obtenir un laissez-passer du parlement, veuillez confirmer votre présence soit à Mme Aurélia Matingu au 613-806-0536, Mme Denise Wangata au 613-232-6949, Mme Léontine Nduwa au 819-682-4788 soit à l’adresse courriel suivant : women4congo@gmail.com. contact@violences-femmes-congo.org (Montréal)
Allons-y participer massivement SVP avec dignité.
Pour la communauté congolaise d’Ottawa-Gatineau
Justin Materania
Président
Congolaises & Congolais contre les viols en R.D.C.
POUR QUE LA GUERRE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO CESSE DE SE FAIRE SUR LE VENTRE DES FEMMES ET DES FILLES
La Campagne des femmes congolaises contre les violences sexuelles en RDC lance avec rage un cri d’alarme vers la communauté internationale pour dénoncer les atrocités commises actuellement à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) par les groupes rebelles ainsi que par des éléments des Forces armées de la RDC.
Déplacements massifs, assassinats arbitraires, pillages, tortures et enlèvements et un nombre encore indéterminé de viols, mais une certitude LA GUERRE, UNE FOIS ENCORE, SE FAIT SUR LE VENTRE DES FEMMES ET DES FILLES.
Le conflit qui fait rage en ce moment pèse lourdement sur la population civile. L’ONU estime à 250,000 le nombre de personnes déplacées par les conflits depuis la fin du mois d’août. Les conflits comme les déplacements massifs de population augmentent de manière considérable les risques de violence sexuelle commis à l’encontre des femmes et des filles. En effet, ces dernières sont les premières victimes des conflits armés. Récemment le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU a confirmé les dénonciations des ONG concernant l’existence de viols à Goma la semaine passée.
Nous, activistes et travailleuses auprès des victimes dénonçons depuis de nombreuses années et sans relâche l’usage systématique de la violence sexuelle par l’ensemble des groupes armés présents en RDC ainsi que par les forces régulières de l’armée congolaise.
La résolution 1820 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 19 juin 2008 souligne qu’utilisée ou commanditée comme arme de guerre, la violence sexuelle peut exacerber considérablement tout conflit armé et faire obstacle au rétablissement de la paix et de la sécurité internationale. Elle rappelle en outre que le viol et d’autres formes de violence sexuelle peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l’humanité ou un élément constitutif du crime de génocide.
Par conséquent, nous les femmes de la Campagne des femmes congolaises contre les violences sexuelles en RDC, meurtries dans nos corps, exigeons:
1) Que les parties au conflit armé s’engagent immédiatement et totalement à mettre fin à tout acte de violence sexuelle contre des femmes et des filles.
2) Que les parties au conflit armé prennent immédiatement les mesures nécessaires pour protéger la population civile, notamment les femmes et les filles, contre toutes les formes de violence sexuelle et que tous les responsables soient traduits en justice, ou sanctionnés par les tribunaux militaires.
3) Que l’État congolais garantisse la sécurité de l’ensemble de ses citoyens, en particulier les femmes et les filles, ainsi que les militantes et les défenseurs des droits humains, en temps de guerre comme en temps de paix.
4) Que le Secrétaire général des Nations unies établisse des directives et des stratégies permettant à la MONUC, dans le respect de son mandat, de mieux protéger la population civile, spécialement les femmes et les filles, déplacées, réfugiées ou coincées dans les zones de combat contre toutes les formes de violence sexuelle.
5) Que le Conseil de sécurité établisse une commission d’enquête internationale sur les crimes de violence sexuelle commis à l’Est de la RDC depuis le début du conflit dans le but de mettre fin à l’impunité qui contribue à la perpétuation de la violence sexuelle.
6) Que la communauté internationale exige des parties une solution durable et définitive au conflit ainsi que le désarmement des groupes rebelles.
7) Que les organismes des Nations unies, le gouvernement congolais, et les pays donateurs, dont le Canada, restructurent l’initiative conjointe de lutte contre la violence sexuelle en RDC de manière à intégrer l’expérience des ONG locales dans l’élaboration et la mise œuvre des programmes afin d’enrayer le fléau de la violence sexuelle.
8) Que le gouvernement congolais, les Nations Unies en particulier la MONUC, la Cour pénale internationale et la communauté internationale mettent en œuvre les recommandations faites par la Rapporteure spéciale sur la violence faite aux femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Yakin Ertuk, dans son rapport de mission (A/HRC/7/6/Add.4) en date du 28 février 2008 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
9) A cet égard nous exigeons notamment que la Cour pénale internationale mette en œuvre les recommandations de la Rapporteur spéciale 1) d’enquêter les crimes de guerre ou crimes contre l’humanité - incluant les violences sexuelles - commis après le 1er juillet 2002 , dans les cas où les autorités congolaises n’ont pas la volonté ou sont dans l’incapacité de mener véritablement à bien les enquêtes ou les poursuites et 2) de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger les victimes et les témoins ainsi que leurs intermédiaires qui collaborent avec la Cour.
Pour que le corps de femmes cesse d’être un champ de bataille, pour que la violence sexuelle cesse d’être une arme de guerre, pour que les Congolaises et les Congolais retrouvent leur dignité et puissent enfin espérer vivre en paix, la Campagne des femmes congolaises contre les violences sexuelles en RDC vous invite à se joindre à elle en SIGNANT LA PÉTITION ICI.
La pétition a été signée par les organisations congolaises suivantes:
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Avec l'appui de:
Coalition pour les Droits des Femmes en Situation de Conflits (www.coalitiondroitsdesfemmes.org) et Droits et Démocratie (www.dd-rd.ca)
Si vous voulez contacter la campagne, écrivez à rdcviolencesexuelle@yahoo.fr
